Immobilier

Arrêt maladie et crédit immobilier : que couvre votre assurance et comment agir ?

Marine Picard
Marine Picard
août 22, 2026 7 min
Personne assise tenant documents pret bancaire et certificat maladie

Un arrêt de travail prolongé fait vite peur quand il reste des mensualités à payer sur un crédit immobilier. La bonne nouvelle, c’est que l’assurance emprunteur a précisément été conçue pour ce type de situation, à condition de bien connaître ses garanties, ses délais et ses limites. Voici ce qu’il faut savoir avant de contacter votre assureur ou votre banque.

L’assurance emprunteur couvre-t-elle vos mensualités en cas d’arrêt maladie ?

Oui, dans la majorité des contrats, à condition d’avoir souscrit la garantie adaptée lors de la signature du prêt. L’assurance de prêt immobilier ne se limite pas au décès : elle intègre généralement des garanties qui prennent le relais de vos mensualités de crédit lorsque vous ne pouvez plus travailler pour raison de santé. Reste à vérifier laquelle de ces garanties s’applique à votre cas précis, car toutes ne fonctionnent pas de la même façon.

Les garanties qui jouent : ITT, IPT et PTIA

La garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de Travail) intervient lorsque vous êtes en arrêt maladie et temporairement incapable d’exercer votre profession. C’est elle qui prend le relais pendant un arrêt classique, sur prescription médicale. Si votre état ne s’améliore pas et que les médecins constatent une incapacité durable, on passe alors à l’Invalidité Permanente Totale (IPT), une garantie qui couvre les situations où vous ne pourrez plus jamais reprendre une activité professionnelle normale, ou seulement de façon très réduite.

Enfin, la Perte Totale et Irréversible d’Autonomie (PTIA) concerne les cas les plus graves, où la personne assurée perd son autonomie et nécessite l’assistance d’un tiers pour les actes de la vie quotidienne. Dans ce cas, l’assurance rembourse en général le capital restant dû dans son intégralité, comme en cas de décès.

Conditions de prise en charge : franchise, carence et durée maximale

Avant que l’assurance ne commence à verser quoi que ce soit, deux délais entrent en jeu. Le délai de carence correspond à la période qui suit la signature du contrat pendant laquelle certaines garanties ne s’appliquent pas encore, souvent entre 1 et 3 mois. La franchise, elle, s’applique à chaque arrêt de travail : c’est le nombre de jours d’arrêt non indemnisés avant que la prise en charge démarre, généralement entre 30 et 90 jours selon le contrat choisi.

Concrètement, si votre franchise est de 90 jours et que votre arrêt maladie dure 60 jours, l’assurance ne versera rien. Si l’arrêt se prolonge à 120 jours, elle prendra en charge les 30 jours qui dépassent la franchise. La plupart des contrats fixent également une durée maximale d’indemnisation par sinistre, souvent de 1 095 jours (trois ans), au-delà de laquelle un passage en invalidité est étudié.

GarantieSituation couvertePrise en charge
ITTArrêt maladie temporaireMensualités, après franchise
IPTInvalidité durable, taux élevéMensualités ou capital restant dû
PTIAPerte totale d’autonomieCapital restant dû intégral

Peut-on obtenir un prêt immobilier en étant actuellement en arrêt maladie ?

Arrêt maladie et crédit immobilier expliqués
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C’est possible, mais cela complique le dossier. La banque n’accorde pas de crédit sans assurance, et l’assureur va examiner votre situation à travers le questionnaire de santé. Un arrêt en cours, surtout s’il est lié à une pathologie encore en évolution, peut entraîner un ajournement de la demande, une surprime, une exclusion de garantie ciblée, ou dans certains cas un refus pur et simple.

Les assureurs demandent souvent d’attendre la reprise du travail ou la stabilisation de l’état de santé avant de statuer définitivement. Si vous êtes en congé maternité ou en mi-temps thérapeutique, la situation est généralement mieux perçue qu’un arrêt maladie classique de longue durée, car elle reste temporaire et encadrée dans le temps.

Exclusions et limites de couverture à connaître

Document d'assurance avec clauses d'exclusion surlignées en rouge

Les contrats d’assurance emprunteur comportent presque tous des exclusions de garantie qu’il faut lire avant de signer. Les pathologies dites maladies non objectivables, c’est-à-dire les affections difficiles à mesurer médicalement comme la fibromyalgie ou certains troubles chroniques, sont fréquemment exclues ou très encadrées. Il en va souvent de même pour la pathologie dos et psy, un terme qui regroupe les troubles psychiques et les problèmes lombaires ou cervicaux, régulièrement soumis à des plafonds d’indemnisation ou à des exclusions totales selon les contrats.

Une affection longue durée (ALD) reconnue par l’Assurance Maladie ne garantit pas automatiquement une prise en charge par l’assureur emprunteur. Les deux dispositifs fonctionnent selon des règles distinctes, tout comme, une fois le crédit soldé, la récupération d’argent après la fin d’un prêt immobilier assuré obéit à ses propres démarches. Il est donc utile de vérifier précisément, dans les conditions générales, si votre pathologie fait l’objet d’une exclusion nommée ou d’un délai de carence renforcé.

La franchise, l’oubli qui coûte cher

Beaucoup d’emprunteurs pensent que l’assurance rembourse dès le premier jour d’arrêt. En réalité, si votre franchise est de 60 ou 90 jours, aucune mensualité n’est prise en charge avant ce seuil. Vérifiez ce chiffre dans votre contrat avant même de tomber malade.

Démarches pour déclencher la prise en charge de votre crédit

Pour activer la garantie, il faut effectuer une déclaration de sinistre auprès de votre assureur, généralement dans un délai de 30 à 90 jours après le début de l’arrêt selon les contrats. Le dossier comprend habituellement l’arrêt de travail initial et ses prolongations, un certificat médical détaillant la pathologie, ainsi qu’un formulaire spécifique fourni par l’assureur.

Il faut ensuite transmettre les justificatifs de revenus, les relevés d’indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, et parfois se soumettre à une contre-expertise médicale demandée par l’assureur. Un suivi régulier du dossier, avec l’envoi des prolongations d’arrêt au fur et à mesure, évite les interruptions de versement.

Solutions en cas de refus d’assurance (AERAS, délégation, comparateurs)

Documents contrats assurance avec calculatrice et stylo noir

Si l’assurance groupe proposée par la banque refuse votre profil ou applique une surprime jugée trop élevée, la délégation d’assurance permet de choisir un contrat externe offrant des garanties équivalentes, souvent à un tarif plus avantageux (voir comment renégocier l’assurance de son prêt immobilier pour économiser). La loi impose aux banques d’accepter cette alternative dès que le niveau de couverture est comparable.

Pour les profils présentant un risque aggravé de santé, la Convention AERAS facilite l’accès à l’emprunt en organisant une étude personnalisée du dossier à plusieurs niveaux, avec des plafonds de surprime encadrés selon les revenus. Le droit à l’oubli peut également jouer en votre faveur si vous avez été traité pour certaines pathologies, notamment un cancer, plusieurs années auparavant : passé un certain délai, vous n’êtes plus tenu de le déclarer dans le questionnaire de santé. Comparer plusieurs offres reste la démarche la plus efficace pour trouver un contrat correspondant réellement à votre situation, d’autant que le coût d’une assurance prêt immobilier en 2026 varie fortement selon le profil et les garanties choisies.

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